Retour sur terre espéré
.
Le désir, énergie potentielle,
secret d’un noyau de feu
au plus profond d’une centrale discrète
où s’accumulent des tensions diverses
en attente d’un signe,
intentionnel ou fortuit,
capable d’ouvrir le cœur protégé
et d’enclencher le rayonnement d’un corps.
Il s’éveille et se lève
lorsqu’un visage lui parle
ou qu’une présence sourit,
devenant désirable à ses yeux.
En amour, toujours,
deux désirants sur le pas de la porte :
deux potentiels en veilleuse,
innocemment ignorants
ou feignant de l’être,
mus par la force de ne plus l’être.
L’un se rend désirable,
sans le vouloir
ou avec la douce intention
que le miel de la beauté attire.
Pour les psychanalystes,
si peu de conscient,
tant d’inconscient.
Ainsi va la vie,
ainsi dérivent les icebergs
dans les océans profonds,
et ainsi demeure le risque,
dans le silence et l’obscurité,
de se cogner à sa part d’ombre.
De la mer tourmentée,
retour sur terre espéré.
Texte et photo © José Hubert
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