Cet après-midi, j’ai fait du vélo – c’est lui qui me sauve de certains désagréments de la vie. Il y a différentes manières de se sentir vivre, de se prouver qu’on n’est pas mort, la pratique d’une activité physique en est une, à la portée de tous et de toutes les bourses.

Donc je roule rue Mascaux à Marcinelle et devant moi, un vélo, au cadre et aux moyeux de roues assez imposants, conduit par une fille dont je ne vois que le dos. Une question me passe par la tête : « Est-ce un vélo électrique ?». Ma curiosité me pousse à la poser tout en dépassant cette cycliste… et je reçois une réponse cinglante : « Mais, moi, j’ai des bagages », comme si j’avais insinué quelque chose de désagréable pour cette personne dans ma courte question :  ON NE PEUT PAS ENPECHER LES GENS DE PENSER EN ETANT A COTE DE LA PLAQUE. Bien entendu, j’allais plus vite sans moteur, mais il n’y avait rien de cela dans mon questionnement.

Un feu rouge s’est pointé, ce qui m’a obligé de ralentir et qui m’a permis  de m’adresser à cette cycliste : « Ma question n’avait rien d’insidieuse, et n’insinuait rien d’autre que le fait d’avoir une confirmation ». Elle s’est excusée en me disant : « Mais habituellement, les gens insinuent autre chose ». Cet autre chose, c’était quoi à votre avis, sans doute ?

Ah, les gens et leur égo, et leurs pensées qu’ils transforment en quelque chose de « vrai ».  Bien souvent à côté de la plaque, parfois doublement à côté de la plaque, car incapables de reconnaître leur interprétation hâtive.

Dans bons nombres de situations, ce sont les pensées anticipatives « négatives » qui jouent des tours : heurtent, bloquent, pourrissent l’existence.